Réponse courte

La loi sur l’électricité – acceptée par le corps électoral en juin 2024, en vigueur par étapes depuis 2025/2026 – réorganise les règles du jeu pour les producteurs solaires privés : la rétribution de reprise suit un prix de marché de référence uniforme pour toute la Suisse, avec une rétribution minimale légale comme plancher, le courant solaire peut désormais être vendu aux voisins via le réseau public (CEL), et le RCP virtuel bénéficie d’un droit légal. Pour les propriétaires, cela apporte davantage de possibilités – et quelques nouvelles obligations en arrière-plan. (État : juillet 2026)

L’essentiel en bref

  • La loi sur l’électricité est le « Mantelerlass » : un paquet qui modifie simultanément plusieurs lois sur l’énergie et l’approvisionnement en électricité.
  • Pour la rétribution à l’injection s’applique un cadre uniforme : prix de marché de référence trimestriel, sécurisé par une rétribution minimale pour les petites installations.
  • Le courant solaire peut désormais franchir la limite de parcelle : la communauté électrique locale (CEL) rend possible le courant de voisinage.
  • Le RCP virtuel est devenu un droit – les gestionnaires de réseau doivent l’admettre.
  • Pour la maison individuelle existante, la loi n’apporte pas d’obligation solaire ; l’obligation concerne les grandes constructions neuves.

Qu’est-ce que la loi sur l’électricité ?

Formellement, elle s’appelle « loi fédérale relative à un approvisionnement en électricité sûr reposant sur des énergies renouvelables » – dans le langage courant, « loi sur l’électricité » s’est imposée, dans les milieux spécialisés « Mantelerlass ». Le second nom explique la construction : ce n’est pas une seule loi nouvelle, mais un manteau qui modifie simultanément plusieurs lois existantes – surtout la loi sur l’énergie et la loi sur l’approvisionnement en électricité.

Le corps électoral a nettement accepté le projet en juin 2024 ; elle est entrée en vigueur par étapes à partir de 2025, les parties les plus importantes pour les producteurs solaires – le nouveau système de rétribution et les communautés électriques locales – s’appliquent depuis le 1er janvier 2026.

L’objectif déclaré : plus de courant renouvelable indigène, surtout en hiver, et des règles plus claires pour tous ceux qui produisent eux-mêmes. Pour vous en tant que propriétaire, le paquet peut se trier sur trois niveaux – ce qui change côté argent, quelles nouvelles possibilités apparaissent et quelles obligations s’ajoutent. Dans l’ordre.

Qu’est-ce qui change dans la rétribution du courant solaire ?

Le plus grand changement pratique pour les propriétaires d’installations : la rétribution du courant injecté suit depuis 2026 un cadre uniforme pour toute la Suisse. Auparavant, chaque distributeur fixait largement librement son tarif de reprise – l’écart était grand, la logique souvent opaque.

Le système se compose désormais de deux briques :

Le prix de marché de référence comme standard. La rétribution standard s’oriente sur le prix de marché moyenné trimestriellement, que l’Office fédéral de l’énergie calcule et publie. Votre courant solaire vaut ainsi autant que le courant sur le marché – transparent, mais fluctuant. Comment ce prix se forme, l’article sur le prix de marché de référence l’explique.

La rétribution minimale comme plancher. Pour que les producteurs ne repartent pas les mains vides dans les phases de prix extrêmement bas, la loi garantit une rétribution de reprise minimale – pour les installations PV jusqu’à 30 kWc, elle est de 6,0 ct./kWh. Les détails et cas particuliers sont traités dans l’article sur la rétribution minimale de reprise.

Important pour le classement : c’est le cadre légal, pas forcément votre tarif. Les distributeurs peuvent continuer à proposer leurs propres produits situés au-dessus – et beaucoup le font, comme le montre la comparaison des tarifs de la région. Ce qui est resté inchangé, c’est la base en dessous : le gestionnaire de réseau est tenu de reprendre et de rétribuer votre surplus de courant.

Quelles nouvelles possibilités la loi apporte-t-elle ?

Trois nouveautés élargissent sensiblement la marge de manœuvre des producteurs privés :

La communauté électrique locale (CEL). La véritable rupture de système : depuis le 1er janvier 2026, le courant solaire peut être vendu aux voisins via le réseau public – à une redevance d’utilisation du réseau réduite, car le courant ne sollicite que le niveau de réseau le plus bas. Jusqu’ici, son propre monde électrique s’arrêtait à la limite de parcelle ; désormais, le toit complet peut devenir la centrale du quartier. Conditions, limites et premières offres : La CEL expliquée.

Le RCP virtuel comme droit légal. Plusieurs parties peuvent partager du courant solaire sans transformer un seul compteur – le gestionnaire de réseau facture virtuellement via ses compteurs intelligents et doit admettre ce modèle. Ce qui dépendait autrefois de la bonne volonté du distributeur est aujourd’hui exigible : Le RCP virtuel en détail. Quel modèle convient quand, la grande comparaison le trie.

Tarifs dynamiques et flexibilité commercialisable. La loi crée le cadre pour des tarifs d’électricité qui s’orientent sur le prix de marché réel – à l’heure près plutôt que forfaitairement. Pour les ménages avec accumulateur, pompe à chaleur ou voiture électrique, le moment de la consommation devient ainsi une grandeur gérable ; les règles du jeu figurent dans l’article sur les tarifs d’électricité dynamiques. Et qui a des appareils pilotables peut mettre leur flexibilité à disposition du réseau – désormais avec des règles claires sur à qui appartient la flexibilité : Commercialiser la flexibilité.

ChangementCe qu’il apportePertinent pour qui
Prix de marché de référence + rétribution minimalebase de rétribution uniforme et transparentetous les producteurs qui injectent
CELVente de courant solaire au voisinagegrands toits, quartiers
Droit au RCP virtuelPartager le courant sans transformer les compteursImmeubles collectifs, propriété par étages
Tarifs dynamiquesPiloter la consommation selon le prix de marchéMénages avec accumulateur/PAC/voiture électrique
Déploiement des compteurs intelligentsBase de données pour tout ce qui précèdetous les ménages (se fait automatiquement)

Vue d’ensemble simplifiée, état : juillet 2026. Font foi la loi, les ordonnances et la mise en œuvre du gestionnaire de réseau local.

La loi sur l’électricité apporte-t-elle de nouvelles obligations aux propriétaires ?

Moins que le débat ne le laissait supposer – pour la maison individuelle existante, pratiquement rien ne change côté obligations.

Pas d’obligation solaire pour l’habitation. L’obligation ancrée dans la loi concerne les grandes constructions neuves : sur les bâtiments à partir d’une certaine taille, une installation solaire doit être réalisée – le seuil se situe bien au-dessus de la maison individuelle. Qui est concerné et ce qui s’applique en plus au niveau cantonal (le canton de Zurich a ses propres règles pour les constructions neuves), l’article sur l’obligation solaire le montre.

Le compteur intelligent arrive – de lui-même. Le déploiement des systèmes de mesure intelligents se fait sur l’ensemble du territoire ; pour vous, cela signifie un jour un changement de compteur par le gestionnaire de réseau, rien de plus. Il est en même temps la condition technique du RCP virtuel, de la CEL et des tarifs dynamiques. Ce que sait faire le nouveau compteur et ce qu’il coûte : Compteur intelligent Suisse.

En arrière-plan : le courant d’hiver. La loi fixe des objectifs de développement et facilite les grands projets hydrauliques, éoliens et solaires alpins. Cela ne concerne pas directement votre toit – mais explique la direction : le courant doit être produit plus souvent quand il est rare. La même logique récompense d’ailleurs aussi sur la maison les installations à bonne production hivernale, par exemple via des modèles tarifaires saisonniers.

En somme, la loi sur l’électricité est pour les propriétaires une loi de possibilités, non d’obligations : elle rend l’installation plus polyvalente, sans imposer de nouvelles charges au parc existant.

De la pratique

Depuis l’entrée en vigueur de la loi, une question a surtout changé dans nos conseils : auparavant, les clientes et clients demandaient « Que me paie le distributeur ? » – aujourd’hui, ils demandent de plus en plus « Que puis-je faire de mon courant ? ». C’est précisément le déplacement voulu par la loi. Concrètement, nous conseillons en 2026 trois vérifications : situer son propre tarif de reprise (modèle au prix du marché ou à prix fixe ?), déposer la demande de RCP virtuel pour les immeubles collectifs et calculer la commercialisation en CEL pour les grands toits. Toutes les options ne valent pas la peine partout – mais qui ne les examine pas du tout planifie avec les règles d’avant-hier.

Questions fréquentes

Dois-je, en tant que propriétaire, entreprendre quelque chose à cause de la loi sur l’électricité ?

Non, il n’y a aucune contrainte d’agir – les installations existantes continuent de fonctionner, le changement de compteur vient du gestionnaire de réseau. Il est malgré tout judicieux de regarder les nouvelles options : vérifier le modèle tarifaire, demander le RCP virtuel pour les immeubles à plusieurs parties, calculer la commercialisation en CEL en cas de fort surplus.

Ma rétribution à l’injection baisse-t-elle avec la nouvelle loi ?

Cela dépend du distributeur. Le prix de marché de référence peut se situer en dessous des anciens tarifs fixes, mais la rétribution minimale tire un plancher – et de nombreux distributeurs paient volontairement plus. Ce qui est décisif est le modèle concret de votre gestionnaire de réseau, non la loi seule.

L’obligation solaire s’applique-t-elle aussi à ma maison existante ?

Non. L’obligation de droit fédéral concerne les grandes constructions neuves à partir d’un seuil de surface bien supérieur à celui de la maison individuelle. Des règles cantonales peuvent poser des exigences supplémentaires pour les constructions neuves – pour le parc existant, il n’y a pas d’obligation d’équipement ultérieur.

Quelle est la différence entre loi sur l’électricité et Mantelerlass ?

Aucune – ce sont deux noms pour le même projet. « Mantelerlass » décrit la technique juridique (un paquet qui modifie plusieurs lois), « loi sur l’électricité » était le titre de la votation. Il s’agit de la loi fédérale relative à un approvisionnement en électricité sûr reposant sur des énergies renouvelables.

Ai-je besoin d’un compteur intelligent pour les nouvelles possibilités ?

Pour le RCP virtuel, la CEL et les tarifs dynamiques oui – ils reposent sur les valeurs au quart d’heure des systèmes de mesure intelligents. Le déploiement se fait sur l’ensemble du territoire et arrive sans votre intervention ; lorsqu’un projet est à l’ordre du jour, le changement peut être avancé auprès du gestionnaire de réseau.

Conseil initial gratuit

Que signifie la loi sur l’électricité pour votre toit ?

Modèle tarifaire, RCP virtuel, potentiel de CEL : pour chaque offre, nous vérifions lesquelles des nouvelles possibilités sont réellement rentables à votre adresse – avec les conditions de votre gestionnaire de réseau.

Entreprise spécialisée certifiée Swissolar · autorisation d’installer de l’IFICF (art. 14 OIBT) · à Zurich depuis 2017 · plus de 150 installations réalisées · réponse personnelle de l’entreprise spécialisée, pas de centre d’appels

Sources : loi fédérale relative à un approvisionnement en électricité sûr reposant sur des énergies renouvelables (Mantelerlass) et ordonnances (état 2026), Office fédéral de l’énergie OFEN (prix de marché de référence), FAQ de l’ElCom sur la Stratégie énergétique depuis le Mantelerlass (état 2026).

Dernière mise à jour : 9 juillet 2026 · Auteur : Rédaction ecoEn